[Industrie du Futur] Les plateformes d’accélération, un second souffle pour l’industrie française

Après des dispositifs fiscaux, des programmes ciblés de soutien, des instances dédiées, le gouvernement enchaine des mesures afin de redonner une nouvelle vie à l’industrie manufacturière en France, qui depuis l’an 2000 a perdu un quart de ses effectifs et dont le poids dans le PIB français n’est plus que de 11,3 %.

Diligentée par le Premier Ministre, une équipe de rapporteurs conjointe entre l’Inspection générale des finances et le Conseil général de l’économie, de l’industrie et de l’énergie et des technologies, a publié récemment un rapport sur la faisabilité de la mise en place de plateformes d’accélération et le rôle à jouer, dans ce contexte, des centres techniques industriels (CTI) et des comités professionnels de développement économique (CPDE).

En effet, d’après une enquête menée par Bpifrance, 37% de PME/ETI françaises présentent des retards dans leur passage vers l’ère du numérique. La réticence au changement en est la raison numéro 1. En réponse à cela, les plateformes d’accélération pourraient être envisagées comme un nouvel outil d’accompagnement des entreprises et de promotion des technologies et des méthodes de l’industrie du futur.

Dispositif de soutien, les plateformes prendront en charge trois types d’actions :

  • Vulgarisation des nouvelles méthodes et technologies de l’industrie du futur auprès des dirigeants d’entreprises,
  • Réalisation de tests et d’essaies en lien avec les équipes techniques,
  • Accompagnement lors de la mise en place au sein de l’entreprise.

In fine, les plateformes d’accélération permettront l’augmentation de compétitivité des entreprises et la montée en gamme de leurs produits. La création d’une vingtaine de centres est souhaitée par le gouvernement avec une répartition équitable à travers le territoire.

Dans ce cadre, un appel à projets de l’Etat, potentiellement en partenariat avec les Régions, sera lancé pour sélectionner les meilleures propositions. Cinq familles de critères seront mises en avant pour assurer l’évaluation des propositions :

  • La capacité du porteur de projet à fédérer les acteurs locaux,
  • La qualité des services proposés et les modalités de leur mise en œuvre,
  • Les ressources humaines et technologiques nécessaires,
  • Le modèle de financement pérenne,
  • L’évaluation des résultats et le souci de performance.

D’autres organismes déjà existants, acteurs de l’écosystème d’innovation et de transfert de technologie, seront associés à cette initiative. Il s’agit notamment des centres techniques industriels (CTI) et des comités professionnels de développement économique (CPDE), à savoir 14 CTI sur 21 (auxquels il faut rajouter l’Institut de la Soudure qui est assimilé à un CTI) et quatre CPDE sur 6 existants relèvent de l’industrie. Du fait de leurs compétences, de moyens techniques et humains, les CTI et les CPDE, présents dans la quasi-totalité des régions, pourront naturellement jouer un rôle de chef de file dans des projets de mise en place de plateformes. Leur mode de financement actuel et leur rationnement budgétaire croissant nuisent en revanche à leur visibilité à court terme et devront être solutionnés pour que l’intégration de ces organismes dans le futur dispositif constitue un facteur de réussite.

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