[Innovation] Les tendances de la recherche et innovation dans le secteur de la défense [1/2]

« Doter le ministère des armées d’un dispositif efficace couvrant l’ensemble des domaines de l’innovation et permettre l’émergence de nouvelles formes d’innovations et d’innovateurs ». Telle est la mission confiée à l’Agence de l’innovation de la défense (AID) créée en 2018.

Une agence dédiée à l’effort d’innovation

Placée sous la responsabilité du Délégué général pour l’armement (DGA), cette nouvelle organisation du ministère vise à fédérer les initiatives d’innovation du ministère en assurant la coordination et la cohérence de l’ensemble des démarches d’innovation.  En créant cette agence le ministère de la défense remet l’innovation au cœur de son action.

La France a régulièrement consenti des efforts importants, combinant des réflexions sur les opérations futures et des recherches technologiques en préalable au lancement de grands programmes d’armement. Un rapport publié par le sénat met en avant un ensemble recommandations pour accélérer l’émergence de projets liés à l’armement, parmi lesquelles la nécessité de renforcer la structuration et le financement des activités de recherche et d’innovation.

« Des efforts de soutien en faveur de l’innovation qui se succèdent, rendant les dispositifs instables, peu lisibles, et sans doute moins efficients qu’espérés »

Le rapport du sénat rappelle que l’innovation se trouve au centre des préoccupations du pouvoir politique, des autorités militaires, des industriels de l’armement et des startups civiles. Pour autant, celui-ci met en avant le caractère illisible et incertain des mesures mises en place par l’état pour favoriser l’effort d’innovation. Dès lors, quels sont les axes prioritaires permettant de mettre en place une stratégie d’innovation pérenne ?

La DGA définit l’innovation comme étant l’ensemble des idées ou projets nouveaux de nature à contribuer, directement ou indirectement par le biais de facteurs d’influence, au succès de l’action de l’État dans le règlement des crises futures, et en particulier au succès des opérations militaires futures, à la maîtrise de leurs coûts ou de leurs dommages collatéraux.

Lors d’une audition auprès de l’Assemblée nationale en 2018, le général Charles Beaudouin, chargé des plans et des programmes au sein de l’état-major de l’armée de Terre avait évoqué l’élaboration du « feuille de route très novatrice » entre ses services et la DGA afin de mettre en place un processus nouveau visant à garantir la réactivité de programmes militaires l’idée étant de mener une politique basée sur la réalisation de démonstrateurs pour permettre une « levée accélérée des risques » sur les nouveaux programmes.

Le but étant d’évaluer l’intégration des innovations technologiques quand elles sont disponibles, c’est à dire de passer de « l’adaptation réactive à l’anticipation proactive ».

« Cette démarche incrémentale est fondée sur une concertation renforcée entre la DGA, les états-majors et l’industrie. Les bénéfices attendus sont une meilleure adaptation face à l’émergence de nouvelles menaces et une accélération de la mise en service des innovations, sitôt qu’elles atteignent une maturité suffisante », fait valoir le ministère des Armées.

Le programme SCORPION en est la parfaite illustration. Les innovations apportées par le programme de véhicules connectés SCORPION viennent enrichir l’offre française d’équipements terrestres.  Programme ambitieux par excellence, il est « exceptionnel » par sa cohérence et son ampleur. « Grâce à Scorpion, les équipages sont mieux protégés et nous sommes en capacités de détecter plus vite nos adversaires et de riposter immédiatement. Avec SCORPION, c’est la première fois que sont développés en même temps, et dans un ensemble cohérent, des véhicules connectés, un système d’information et de communication, un système de préparation opérationnelle et tout leur système de soutien associé » souligne la ministre des armées.

Tout l’intérêt est donc d’évoluer vers plus d’ouverture et mettre en place une Démarche d’Open Innovation

Comme vu précédemment, l’orientation de la R&D dans le secteur de le Défense a pour champ d’application l’ensemble des niveaux des développements technologiques depuis les stades de recherche très amont jusqu’aux tests de démonstrateurs en environnement opérationnel.

L’effort consacré aux technologies en voie d’émergence, est indispensable pour préparer le long terme. Il doit permettre à la défense de bénéficier des avancées scientifiques, qui sont parfois spécifiquement militaires mais le plus souvent duales.

Démarche de R&D dans le secteur de la Défense

En effet et si traditionnellement, les innovations ont été axées sur les développements spécifiquement militaire, une autre tendance émerge depuis quelques années, l’innovation collaborative ou duale qui a des retombées militaires mais aussi civiles.

Dans un monde où les technologies changent, la France ne peut plus se cantonner à des dispositifs trop orientés vers le long-terme. « Les programmes, une fois décidés, sont comme gravés dans le marbre. La DGA, c’est le long-terme, évidemment. C’est la planification, bien sûr, mais cela doit être aussi une capacité d’adaptation constante, une faculté à prendre en compte le changement, expérimenter vite. Cela doit être un accès facile pour tous, des processus d’acquisitions d’armement plus souples, une réactivité plus forte. Il faut donc réformer la DGA » souligne le ministère des armées.

Sources : N° 655 Sénat, session extraordinaire de 2018-2019, rapport d’information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (1) par le groupe de travail sur l’innovation et la défense, Par MM. Cédric PERRIN et Jean-Noël GUÉRINI,

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