[Subvention] Quels financements publics pour les technologies hydrogène ?

Depuis juillet 2020 et la publication de la stratégie UE pour l’hydrogène, cette technologie a été encore un peu plus consacrée comme clé pour atteindre les objectifs climatiques et la création d’emplois industriels. En France, la stratégie nationale lancée en septembre 2020 sur cette technologie doit bénéficier aux offres industrielles de solutions hydrogène produites sur le territoire français.

Mais concrètement, aujourd’hui, quels sont les dispositifs de financement publics pour soutenir les initiatives liées aux technologie de l’hydrogène, que ce soit pour la production, la distribution, le stockage ou leurs utilisations, par exemple, dans des contextes industriels ou de mobilité ?

Au niveau régional

Budgets européens gérés en local par les Régions, les fonds FEDER sont conditionnés par des Programmes Opérationnels (PO) et des stratégies de spécialisation intelligente. Les PO 2021-2027 ne sont pas encore publiés et devraient l’être premier trimestre 2021. Ces fonds pourraient potentiellement cofinancer de la R&D et du CAPEX (infrastructures pour production, stockage, distribution H2, écosystème H2) comme cela a pu être déjà le cas par le passé.

Géré par les Régions et les antennes régionales de Bpifrance, le dispositif PSPC Régions vise à soutenir des projets de R&D collaboratifs nationaux rassemblant au minimum 2 partenaires industriels. Ces appels pourraient potentiellement cofinancer des projets du type « recherche et innovation collaborative pour le développement d’une nouvelle solution de production H2 » avec impact sur une filière au niveau régional voire national. Le dernier appel s’est clôturé en novembre dernier et ce dispositif sera probablement renouvelé en 2021. Le financement est mixte (subventions et avances remboursables) avec un taux par exemple de 25% des dépenses éligibles pour les grandes entreprises

 Au niveau national

L’ADEME gère actuellement deux appels à projets sur cette thématique :

  • L’appel « Briques technologiques et démonstrateurs hydrogène » qui vise à soutenir des travaux d’innovation, permettant de développer ou d’améliorer les composants et systèmes liés à la production, au transport d’hydrogène et à ses usages. Cet appel est ouvert jusqu’au 31/12/2022. Le financement se fait soit sous la forme d’avances remboursables soit sous une forme mixte (avances remboursables et subvention) mais à des taux de financement moindres. Mettre en place une collaboration permet d’augmenter le taux de financement et cet appel est ouvert aux grands groupes.
  • L’appel « Ecosystèmes territoriaux hydrogène » qui vise à soutenir le déploiement d’usages de l’hydrogène dans les territoires, et l’innovation au sein des acteurs équipementiers et industriels. Les bénéficiaires ciblés sont les entreprises, les collectivités ou un consortium souhaitant s’engager dans la mise en œuvre de l’hydrogène sur son territoire. Les usages visés sont les suivants : industriels, mobilité, certaines applications stationnaires (BTP, bateaux, événementiel…) Les prochaines deadlines : 16/03/21 ou 14/09/21. Le financement prend la forme d’une subvention à l’investissement.

Au niveau européen

Le partenariat public-privé européen pilotant la stratégie H2 européenne en Europe (FCH JU) a publié son programme de travail 2021. Il est annoncé que le partenariat ne lancera aucun nouvel appel à projets en 2021, se consacrant à son fonctionnement opérationnel et à la préparation du prochain partenariat.

Quelques appels pour des projets collaboratifs européens de R&D et innovation incluant cette thématique seront publiés dans le cadre de la programmation 2021-2022 du programme de financement européen Horizon Europe (publication en mars-avril prochain) et du « cluster » sur le climat, l’énergie et la mobilité.

L’Innovation Fund est le programme de cofinancement des démonstrations commerciales de technologies innovantes bas carbone, cela notamment pour la production et le stockage d’énergie renouvelable. L’actuel appel, qui clôt en mars prochain, s’adresse au « small-scale infrastucture » au budget CAPEX situé entre 2,5M€ et 7,5M€ pour un cofinancement du CAPEX à hauteur de 60%.

Connecting Europe Facility (CEF) est le dispositif pour soutenir les projets d’infrastructure européenne d’intérêt commun. Leprogramme CEF 2 devrait être publié courant 2021 avec des nouveaux appels. Le dernier programme CEF pouvait cofinancer l’acquisition de véhicules à énergie alternative (dont H2) à hauteur de 20% du différentiel de budget entre la solution cible et une solution thermique. L’appel cofinance aussi l’acquisition et la mise en service de station de production, stockage et de distribution H2 pour le mobilité (condition : ces infrastructures doivent être localisées sur le réseau transeuropéen de transport RTE-T).

[CIR] Crédit Impôt Recherche – comparaison des formulaires déclaratifs 2020 par rapport à 2019

L’Administration fiscale a récemment publié les formulaires CERFA relatifs au Crédit Impôt Recherche sur son site [1].

Quelles sont les évolutions par rapport à la mouture 2019 ?

La principale évolution des documents 2069-A-SD et notice concerne les frais de fonctionnement sur les dépenses de personnel. Ceux-ci sont abaissés à 43%, sans surprise et en accord avec la Loi de Finances 2020, pour tous les crédits du CERFA.

Un ajout dans la notice a été constaté, au niveau des dépenses de sous-traitance publique. En effet, la notice apporte une précision absente de l’itération 2019 en indiquant que les dépenses sont prises en compte pour le double de leur montant pour la seule part relative aux travaux réalisés par ces organismes, si l’entreprise n’a pas de lien de dépendance avec ces organismes. Une précision qui ne fait que rappeler une notion essentielle des textes qui encadrent le CIR.

Les autres documents 2069-A1-SD et 2069-A2-SD demeurent inchangés par rapport à l’édition 2019.

Source :

[1] https://www.impots.gouv.fr/portail/formulaire/2069-sd/credit-dimpot-en-faveur-de-la-recherche

[CIR] le crédit impôt recherche, levier toujours aussi séduisant pour les entreprises françaises – présentation et analyse des statistiques provisoires pour le CIR 2018

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a publié mi-décembre 2020 les statistiques du crédit impôt recherche (CIR) 2018 [1].

Voici ce qu’il faut en retenir.

Le CIR, toujours aussi plébiscité (en 2018 du moins)

Avec plus de 26 000 sociétés déclarantes, un chiffre stable depuis 2014, le CIR démontre une nouvelle fois son intérêt pour les entreprises qui investissent en Recherche & Développement. La créance pour l’Etat s’élève désormais à 6,81 Md€ en 2018 (chiffre provisoire) avec un taux de croissance annuel moyen autour de 3% depuis 2010 et couvre à 94% les dépenses de R&D (Figure 1).

En répartition des postes de dépenses, les dépenses de personnel constituent le volet majeur de cette créance (plus de 80%), suivie de loin par les dépenses de R&D sous-traitées. C’est cet aspect du dispositif qui contribue à rendre le chercheur Français compétitif, comme le souligne chaque année l’ANRT [2].

Du point de vue sectoriel, le CIR est toujours principalement distribué aux industries manufacturières (60,9% de la créance), avec le quatuor de tête invariablement composé d’année en année par « l’industrie électrique et électronique », la « pharmacie, parfumerie et entretien », « l’industrie automobile » et la « construction navale, aéronautique et ferroviaire ».

Géographiquement, le CIR apparaît fortement centralisé puisque l’Ile-de-France truste 64,6% de la créance, loin devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (10,0 %) et l’Occitanie (6,2 %).

Du point de vue structurel, la créance de CIR est équitablement répartie entre PMEs et ETIs (1,8 Md€ chacune). Les grandes entreprises se détachent avec près de 3,0 Md€ de créance (Figure 2). Seules 28 groupes de sociétés dépassent le seuil de 100 M€ de dépenses de R&D, emportant à eux seuls 27% de la créance de CIR.

A noter que bien qu’il soit plébiscité en 2018, le CIR a été récemment raboté, d’une part avec l’abaissement des frais de fonctionnement sur le personnel de recherche de 50% à 43 % en 2020, mais également avec la future suppression du doublement des dépenses de sous-traitance publique en 2022 (loi de finance 2021).

Un point négatif pour la compétitivité qu’a récemment mis en avant l’ARNT dans son étude-panel sur le cours du chercheur 2020 et dont notre analyse est à retrouver ici [2]. De plus, l’année 2020 aura été marquée par la pandémie de COVID-19 avec un fort impact sur les activités industrielles (recours au chômage partiel, baisse des budgets de R&D). Nul doute que nous allons voir cette belle progression s’infléchir d’ici à 2022.

Les dépenses d’Innovation, lentement mais sûrement

La créance de Crédit Impôt Innovation (CII) progresse de 0,7% par rapport à 2017 et a doublé par rapport à 2014. En tout, ce sont près de 1 000 entreprises de plus qu’en 2017 (8 106 vs 7 160) qui ont fait appel à ce dispositif.

Faits marquants par rapport au CIR :

  • la répartition sectorielle des déclarants de CII va vers les entreprises de services (74,5% de la créance) et non aux Industries manufacturières. Parmi les entreprises de Services, ce sont principalement les entreprises de « conseil et assistance en informatique » qui emportent 43,5% de la créance.
  • Géographiquement, le CII est nettement plus réparti sur le territoire que ne l’est le CIR, avec « seulement » 38 % de la créance en IDF, contre 16,2 % en Auvergne-Rhône-Alpes.

Rappelons que ce dispositif est réservé aux PMEs pour leur permettre, une fois la R&D achevée, de booster le time-to-market de leurs nouveaux produits.

Son maintien est régulièrement questionné par les parlementaires ; une évaluation est d’ailleurs prévue pour statuer sur sa reconduction après le 31 décembre 2022 (article 29 de la loi de finances 2020). Sa progression, certes modérée, est tout de même révélatrice de l’intérêt qu’il présente pour les entreprises. Verrons-nous ce point parmi les mesures d’économies publiques prévues par le gouvernement ?

Les dépenses de collection en baisse en 2018, remonteront-elles sur les prochaines années grâce à la relocalisation progressive de l’industrie textile dans notre pays ?

Nous sommes ici en 2018, la créance de crédit d’impôt sur les dépenses de collection s’élève à 36 M€, soit une baisse de 5 M€ en comparaison avec 2017 et de 16 M€ en comparaison avec 2016. Une tendance à la baisse engagée il y a plusieurs années, et qui traduit peut-être une défiance dans le dispositif, étant donné les nombreux arrêts en défaveur des sociétés depuis plusieurs années (dispositif réservé aux sociétés industrielles).

La crise de la COVID-19 a rebattu les cartes de l’industrie manufacturière textile et l’essor du made in France est au cœur de la stratégie des PMEs du secteur. La France est en capacité d’investir dans l’outil de production sur le textile technique et le luxe, en misant sur l’Innovation [3]. La tendance va-t-elle s’inverser en 2021 ?

Note : cet article présente une synthèse des données du crédit d’impôt recherche basées sur les déclarations fiscales des entreprises relatives à leurs dépenses réalisées en 2018. Ces données sont extraites de la base de gestion du CIR, GECIR [1] et sont à considérer comme provisoires étant donné que les modifications éventuelles suite à un contrôle fiscal ne sont pas prises en compte.

Sources :

[1] https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid49931/cir-les-statistiques.html, se référer au fichier PDF Le crédit impôt recherche en 2018 – provisoire (https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Chiffres_CIR/11/5/Publi_courte_CIR2018prov_en_ligne_1362115.pdf) et au fichier Excel Données détaillées CIR 2018 – provisoire

 [2] http://www.financeinnovation.fr/2021/01/13/cir-comparaison-annuelle-internationale-du-cours-du-chercheur-par-lanrt-la-france-toujours-aussi-attractive-mais-fragilisee/

[3] https://www.usinenouvelle.com/editorial/les-premieres-propositions-de-la-filiere-textile-francaise-pour-relocaliser-sa-production.N973066

[Etude] La Commission européenne publie le tableau de bord des entreprises qui investissent le plus en R&D

Les dépenses 2019 de 2500 entreprises ou groupes d’entreprises sont passées au crible

Les auteurs précisent que leur étude porte sur environ 90 % des dépenses de R&D mondiales financées par des entreprises (904,2 milliards d’euros), et que leur analyse révèle que les 421 sociétés européennes considérées comptent pour 21 % du total, quand les 775 nord-américaines en représentent 38,5%, les 309 japonaises 12,7%, et les 536 chinoises 13%. Les entreprises étiquetées « reste du monde » représentent près des 15% restant. En termes de croissance annuelle, même si la hausse des dépenses des entreprises européennes est de +5,6 % en 2019, cela reste nettement inférieur aux sociétés américaines (+10,8%) et chinoises (+21%).

Les trois premières sociétés de ce classement sont ALPHABET, MICROSOFT, et HUAWEI Investment & Holding :

La France place quatre représentants dans le top 100 :

La France se caractérise par la prédominance de ses secteurs auto et pharmaceutiques en termes de dépenses de R&D :

Quand la répartition mondiale est plutôt de la sorte :

D’autres analyses et schémas sont à retrouver dans l’étude : https://iri.jrc.ec.europa.eu/scoreboard/2020-eu-industrial-rd-investment-scoreboard

[Jurisprudence CIR] Mise à disposition de personnel

Des arrêts qui éclairent sur les modalités de contractualisation et de facturation entre deux sociétés se prêtant du personnel

Si l’arrêt Intuigo du Conseil d’Etat (n°390652, 25/01/17) avait donné le cadre de l’éligibilité au CIR de la mise à disposition de personnel, actant notamment que le personnel éligible ne se limitait pas forcément à celui de la société déclarante, et qu’il devait travailler dans les locaux de la déclarante et avec les moyens de celle-ci, plusieurs zones d’ombre demeuraient quant aux justificatifs à produire.

La cour administrative d’appel (CAA) de Versailles a notamment donné des jugements en défaveur des sociétés qui ne parvenaient pas à prouver la localisation des travaux, la nature des travaux réalisés ou encore la qualification du personnel détaché (arrêts 17VE02004 du 03/10/2019, SARL Intuigo et 18VE00740 du 07/11/2019, SARL Biscuiterie de la Cote d’Opale).

Deux arrêts récents viennent d’apporter des éclairages :

  • Arrêt 19NC01780 du 12/11/20, SAS Financière d’Epinant : l’administration avait rejeté de la valorisation CIR la mise à disposition intra-groupe arguant sur la base de la convention entre les deux sociétés, que la refacturation se faisait avec une marge de 10% et contrevenait donc les dispositions de l’article L. 8241-1 du code du travail interdisant le prêt de main d’œuvre à but lucratif. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait admis ces dépenses, minorées de la marge de 10% (jugements n°1702115 et 1800110 du 28/02/2019).

La cour, jugeant que l’article 244 quater B (qui encadre le CIR) n’impose pas que la mise à disposition se fasse sans marge, et l’administration n’ayant pas contesté que les travaux avaient eu lieu dans les locaux de la société et avec ses moyens, valide la décision du tribunal.

La cour rappelle aussi que la société qui prête son personnel ne peut inclure le montant qu’elle facture au titre du détachement dans son propre CIR.

  • Arrêt 19NT00453 du 05/11/20, SAS Kaufler-SMO International : un chercheur a été au cours d’une même année salarié de la société Kaufler, puis mis à disposition de celle-ci par la société MBI qui détient 50% des parts de Kaufler, via une convention de management. L’administration n’a pas contesté que l’activité du salarié était restée la même suite à ce changement de cadre et de ce fait, il était considéré comme exerçant toujours dans les locaux de Kaufler. Cette dernière a valorisé le chercheur mis à disposition en ne retenant que la part de son salaire chargé relative à des activités éligibles au CIR.

La cour valide ainsi le jugement du tribunal administratif d’Orléans qui avait donné raison à la société. Elle note par ailleurs que le fait que le document qui encadre la mise à disposition soit un contrat de mandat régi par les articles 1984 et suivants du code civil et non une convention de mise à disposition est sans incidence ; de même le fait que les factures fassent apparaitre simplement un montant forfaitaire sans mention du nombre d’heures ni du projet concerné, du moment que la société ne retient que la part du salaire chargé éligible aux projets CIR et que cela n’a pas été remis en cause par l’administration.

[CIR] Projet de loi de finance 2021 – Publication au Journal Officiel

La loi de finances 2021 a été publiée mercredi 30 décembre au JO. Pas de surprise concernant le CIR, dont les modifications envisagées dès le début du processus législatif ont été défendues par le rapporteur de la Commission des finances à l’Assemblée Nationale.

L’article 35 de la LOI n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021 modifie le CIR dans les proportions suivantes :Dépenses exposées à compter du 1er janvier 2020 :
Taux de crédit impôt innovation basculé à 35 % pour les moyennes entreprises et à 40 % pour les petites entreprises, cette modification ne concerne que les sociétés basées en Corse.

Dépenses exposées à compter du 1er janvier 2021 :
Pour les demandes de rescrits, seul le ministère chargé de la recherche sera habilité à émettre un avis. L’ANR qui n’est, dans les faits, que très peu sollicitée ne sera plus concernée.

Dépenses exposées à compter du 1er janvier 2022 :
Les mesures les plus impactantes :
o Fin de la distinction entre organisme privé et public de recherche. Les dépenses dites de sous-traitance seront prises pour leur montant facturé, et tous les sous-traitants devront détenir l’agrément pour que le donneur d’ordre puisse retenir la facture. Un décret est attendu pour encadrer cette nouvelle pratique.
o Fin du plafond de 12 M€ pour les dépenses externalisées : les seuls plafonds qui demeureront sont 10 M€, et 2 M€ en cas de lien de dépendance entre le donneur d’ordre et le sous-traitant

Les amendements de députés ou sénateurs visant à annuler cette fin du doublement des dépenses auprès d’organismes publics, ou à la reporter d’un an n’ont donc pas été votés.
De même pour les articles adoptés par les sénateurs exigeant des sociétés qui licencient ou ferment des établissements, de rembourser toute ou partie de leur CIR.
Le calcul du CIR est donc revu à la baisse pour la seconde année d’affilée. Et étant donné les propos des députés lors des débats en commission des finances, nul doute que d’autres modifications seront proposées en 2021.

[CIR] Amélioration du fonctionnement du comité consultatif du CIR

Un décret tout récent n° 2021-2 du 4 janvier 2021 est venu modifier les modalités d’échanges d’informations entre administrations chargées du contrôle du CIR et améliorer le fonctionnement du comité consultatif du CIR (JORF n°0005 du 6 janvier 2021).
Il modifie en premier lieu l’article R. 45 B-1 du livre des procédures fiscales (LPF) qui précise les modalités de contrôle de la réalité de l’affectation des dépenses à la recherche, afin de permettre aux agents du MESRI chargés du contrôle du CIR de transmettre à la DGFiP les renseignements et copies de documents recueillis dans le cadre de ce contrôle sur lesquels ils se sont fondés pour émettre leur avis.
Il modifie également l’article R. 60-1 B du LPF en prévoyant, dans un délai de soixante jours suivant une demande de saisine du comité consultatif du CIR, la transmission par l’entreprise qui a effectué la saisine d’un document de synthèse des contestations relatives aux dépenses de recherche. Cette transmission peut s’effectuer par tout moyen, y compris par courrier électronique, afin d’accélérer le traitement des dossiers examinés par ce comité.
Ce texte est entré en vigueur le lendemain de sa publication, soit le 7 janvier, à l’exception des dispositions améliorant le fonctionnement du comité consultatif du CIR dont l’entrée en vigueur est fixée au premier jour du troisième mois suivant sa publication, soit le 1er avril 2021.

[CIR] Comparaison annuelle internationale du coût du chercheur par l’ANRT : la France toujours aussi attractive mais fragilisée

L’Association Nationale Recherche Technologie (ANRT) a pris pour habitude de publier avant les fêtes son étude annuelle internationale de comparaison du cours du chercheur (entre 16 pays), basé sur un panel de 12 groupes de dimension internationale [1]. Ces groupes internationaux effectuent une partie de leur R&D en France et sont bénéficiaires du crédit impôt recherche (CIR).

En premier lieu, l’étude souligne une fois encore que le CIR contribue à la dynamique d’installation et de croissance des effectifs R&D en France et, selon les termes de l’ANRT, à « la mutation de nos écosystèmes vers l’économie de la connaissance ».

La figure suivante issue de l’étude [1] montre une installation des effectifs R&D des entreprises du panel principalement en France (pour 53%) parmi 16 pays ; le cours du chercheur (indice de 73) place par ailleurs la France dans le milieu du peloton (moins 5 places versus l’étude de l’an passé où la France occupait la 4ème place).

L’ANRT alerte sur le fait que l’attractivité de la France est fragilisée par les récentes décisions gouvernementales impactant le CIR :

  • L’abaissement du forfait des frais de fonctionnement de 50% à 43% entériné par la Loi de Finance 2020 ;
  • La fin du doublement des dépenses de sous-traitance publique en 2022 annoncée par la Loi de Finance 2021 qui engendrera certainement un coup d’arrêt aux collaborations public-privé (4 000 sociétés collaboraient avec des organismes publics d’après l’ANRT).

Sur ce dernier point, bien que la France conserve un statut de territoire où la R&D est encouragée, c’est aussi le message envoyé aux décideurs qui est critiquable : le manque de stabilité du dispositif s’allie à une révision à la baisse de son mode de calcul, à l’heure où le contexte sanitaire exigerait plutôt un soutien aux sociétés et où des pays voisins créent leur propre mécanisme d’aide à la R&D (Allemagne et Suisse par exemple).

Sources :

[1] COMPARAISON INTERNATIONALE SUR LE COURS DU CHERCHEUR | Panel ANRT CIR 2020 : http://www.anrt.asso.fr/sites/default/files/panel_anrt_cir_2020_vf_201214.pdf

[Actu CIR] Sous-traitance à des organismes de recherche publics

L’article 8 du projet de loi de finances pour 2021 propose d’aligner le régime applicable aux opérations de recherche sous-traitées à des organismes publics sur celles confiées à des prestataires privés agréés en supprimant la règle de prise en compte des dépenses pour le double de leur montant lorsque les opérations éligibles sont confiées à des organismes publics ou assimilés. Certains sénateurs ont vainement tenté de repousser l’entrée en vigueur de cette disposition à l’exercice 2022 mais le rapporteur général de l’Assemblée a expliqué pourquoi il souhaite ne pas faire valider les propositions du Sénat sur le CIR et faire passer le texte tel qu’il a été voté par l’AN.

1. Le mécanisme de prise en compte des dépenses correspondant à des opérations de recherche sous-traitées à des organismes de recherche publics ou assimilés pour le double de leur montant serait supprimé par la loi de finances pour 2021, à partir du CIR 2022. On rappelle que depuis 2003, et afin d’encourager la collaboration entre la sphère privée et la sphère publique, et donc la sous-traitance par des entreprises du secteur privé à des orgnaismes publics, l’article 244 quater B, II-d du CGI prévoit que les dépenses exposées pour la réalisation d’opérations de recherche confiées à des organismes de recherche publics, à des établissements d’enseignement supérieur (ou associations et sociétés agréées dont ils sont membres), à des fondations agréées, à des instituts techniques agricoles, à des communautés d’universités et d’établissements ou des stations ou fermes expérimentales agricoles sont retenues pour le double de leur montant en l’absence de liens de dépendance entre l’entreprise et l’organisme prestataire et pour la seule part relative aux opérations réalisées par ces organismes.

2. Dans la même veine, et afin d’aligner le traitement des sous-traitants publics ou privés la majoration de 2 M € du plafond annuel des dépenses de sous-traitance (fixé à 10 M € en l’absence de liens de dépendance entre l’entreprise et l’organisme prestataire) appliquée aux dépenses confiées à des organismes de recherche publics ou assimilés serait supprimée.

Certes la sous-traitance de certaines opérations de R&D éligibles au CIR à des organismes publics continuera de constituer un indicateur fort du niveau de recherche engagé mais ces nouvelles règles seront doublement préjudiciables aux donneurs d’ordre privé et à de potentiels prestataires publics ; pour les premiers l’incitation à travailler avec des organismes publics à même niveau de compétence va s’avérer beaucoup moins intéressante au plan financier pour le calcul de leur CIR alors que pour les seconds on peut envisager que la « concurrence » avec des laboratoires du secteur privé va les priver de ressources non négligeables, sans compter que la genèse de la mesure était de faciliter la collaboration public-privé.

[Europe] Un atelier en ligne animé par Wavestone pour les entreprises qui participent à un projet Européen

L’atelier est organisé par Auvergne Rhône-Alpes Entreprises et priorité sera donnée aux entreprises régionales.

L’atelier dématérialisé aura lieu par GotoWebinar le 15 décembre de 14 à 17h .

Il fait partie du cycle de formation des « mardis des projets européens » d’ Auvergne Rhône-Alpes Entreprises et fournira outils et méthodes pour anticiper et maitriser les enjeux clé associés à la participation à un projet européen.

Il sera animé par Wavestone à destination d’un public novice ou peu averti. Plusieurs sujets seront abordés tels que la propriété intellectuelle, les finances, le suivi de projet et le reporting.

L’inscription est gratuite mais obligatoire (lien). Priorité sera donnée aux entreprises d’ Auvergne Rhône-Alpes.