Le MESRI a publié le 30 septembre 2020 les chiffres semi-définitifs liés aux dépenses françaises de recherche et développement pour l’année 2018[1].

Il y est relaté que la dépense intérieure de recherche et développement expérimental (DIRD) de la France était en 2018 de 51,8 milliards d’euros, en hausse de 1,3 milliards d’euros par rapport à 2017 (+1,7 %). En 2018, les activités de R&D mobilisaient 453 000 ETP en France (en progression de +2,4%% par rapport à 2017), les chercheurs et ingénieurs R&D représentant 67% du personnel, les 33% restants correspondant au personnel de soutien.

L’effort de recherche, soit le rapport de la DIRD et du PIB, est de 2,20% en 2018, constant par rapport à 2017.

Le DIRD des entreprises (DIRDE) correspond à 65% des dépenses de R&D totales (en hausse de 1,8% en volume par rapport à 2017).

Ces dépenses sont majoritairement réalisées par la branche R&D industrielle, notamment l’industrie automobile, la construction aéronautique et spatiale, et l’industrie pharmaceutique qui représentent à elles seules 10,7 milliards d’euros de dépenses intérieures de R&D, soit 32% du DIRDE, un chiffre en légère progression par rapport à 2017 (+0,4%).

La branche des services (activités informatiques et services d’information, télécommunications, etc.) est elle toujours très dynamique, malgré un ralentissement par rapport à l’année précédente (+7,2% contre +8,4% en 2017).

Du côté des administrations (DIRDA), les dépenses de R&D augmentent également avec 17,9 milliards d’euros en 2018. Elles sont en hausse de +1,3% en 2018, quand leur progression était de +0,5% en 2017.  

La France se place donc au 7ème rang dans l’Europe des 27 en 2018, avec un effort de recherche supérieur à celui du Royaume-Uni (1,7% de son PIB), mais inférieur à celui de l’Allemagne (3ème rang dans l’Union Européenne) qui consacre 3,1% de son PIB à la R&D, ou de la Suède (1er rang avec un effort de recherche de 3,3%). Au niveau mondial, la tête du classement est occupée par la Corée du Sud et Israël avec des efforts de recherche de 4,5 et 4,9% du PIB respectivement.

Si l’effort de recherche en France avait augmenté suite à la réforme du CIR de 2008 (de 2,06% à 2,21% du PIB), il est depuis resté relativement stable autour de 2,2%, alors que l’un des objectifs du gouvernement était de porter l’effort de recherche français à 3% du PIB d’ici 2020 (2% pour le secteur privé et 1% pour le secteur public), conformément aux engagements des États membres dans le cadre de la « Stratégie de Lisbonne », renouvelés dans la stratégie « Europe 2020 ».

Pour l’année 2019, le MESRI estime dans son rapport que la DIRD devrait continuer d’augmenter à un rythme soutenu en France (+1,3% en volume) pour atteindre 53,2 milliards d’euros. L’effort de recherche serait lui en légère baisse de 2,20 % à 2,19 %, du fait d’une évolution supérieure du PIB.

Cette progression risque cependant d’être ralentie dans les prochaines années par l’impact de la crise sanitaire du Covid-19 qui a immobilisé l’économie de nombreux pays au printemps 2020 (l’OCDE estime en effet la chute du PIB français à -9,5% en 2020[2]), et alors que les investissements du programme « Horizon Europe » pour la recherche et l’innovation ont été rabotés de 6% par rapport à ses ambitions initiales[3].


[1] https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid154303/les-depenses-interieures-de-r-d-en-2018.html

[2] https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/le-coronavirus-va-couter-7000-milliards-de-dollars-a-leconomie-mondiale-1242938

[3] https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/10/04/un-budget-europeen-en-trompe-l-il-pour-la-recherche_6054725_1650684.html

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