[CIR] Le Crédit d’Impôt Recherche : un outil structurant pour l’industrie et la filière aéronautique
Dans une audition devant la commission des affaires économiques du Sénat, Olivier Andries, Directeur Général du groupe Safran, est venu le 14 janvier présenter les enjeux de l’entreprise et son rôle dans le tissu français. Il y mentionne notamment le CIR comme un dispositif de soutien crucial pour Safran.
1.Introduction et contexte du groupe
Le groupe Safran, leader de l’industrie aéronautique occupe une position centrale dans le paysage français. Le groupe intervient sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’aéronautique (civil, industrie de la défense et spatial), en plus de son expertise en moteurs. Safran est une entreprise stratégique notamment pour son intervention dans le secteur de la défense.
Acteur majeur, le groupe enregistre en 2024 78 Md€ de chiffre d’affaires et affiche une dynamique de croissance forte portée par le réarmement.
Safran est un groupe international et réalise plus de 80% de son chiffre d’affaires à l’étranger, mais conserve 50% de ses effectifs et 90% de sa R&D en France.
2. L’innovation et le rôle du CIR
Lors de son audition Monsieur Andriès insiste sur le rôle clé de l’innovation, et l’importance du soutien public à celle-ci pour Safran.
Les dispositifs du CORAC et du Crédit d’Impôt Recherche sont les deux principaux instruments mentionnés. En faisant écho à la commission d’enquête du Sénat sur les aides aux grandes entreprises devant laquelle le groupe SAFRAN a été auditionné, Monsieur Andriès insiste sur l’importance de l’innovation pour maintenir l’activité industrielle. Il évoque que si le CIR permet de maintenir 90% de la R&D en France, il permet, indirectement de maintenir l’attractivité industrielle malgré un coût de main d’œuvre supérieur. Cette proximité entre production, essais, innovation est indispensable dans une filière aussi stratégique que l’aéronautique.
Ces instruments conditionnent la capacité du pays à conserver ses chaînes de valeur, ses centres d’essais, ses compétences et son attractivité industrielle.
De plus, Monsieur Andriès, également à la tête du Gifas, évoque une étude justifiant quantitativement l’intérêt de ces dispositifs pour l’industrie Française. L’industrie aéronautique représente 220 000 emplois en France, qui plus est, ce secteur est présent en région, avec plus de 30K recrutements annuels en France. Cette industrie est également le 1er secteur contributeur à l’excédent budgétaire à l’export français et apporte 12.4Md€ de cotisations annuelles (le plus haut taux européen de prélèvement sur le segment défense, du fait d’une industrie fortement localisée). Face à ces enjeux et montants, le CIR et le CORAC combinés, pour l’industrie ne représentent « que » 1Md€ d’aides pour le secteur.
Monsieur Andries identifie les défis futurs :
- Décarbonation de l’aviation : atteindre 3% des émissions de gaz à effet de serre mondiales, au travers d’innovation permettant l’efficace des moteurs de demain (propulsion renforcée, moteurs sans nacelles), la compatibilité aux biocarburants, ou à long-terme des perspectives d’avions à hydrogène.
- Souveraineté de l’aviation de défense : notamment au travers de la sécurisation des chaines d’approvisionnement, justifiant d’acquisitions stratégiques pour Safran, ou encore de grands projets européens (comme la motorisation du SCAF)
- Compétitivité commerciale : participation aux appels d’offres pour l’équipement des grands avions moyen-courrier civils de demain Boeing et Airbus
Le soutien au secteur de l’aéronautique est un enjeu crucial pour permettre la continuité de l’innovation, la collaboration entre les industriels et les acteurs de la recherche, mais également pour le maintien du tissu industriel français d’un secteur clé.